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Novembre 2019, manifestants et forces de l’ordre s’affrontent nuit et jour. Les jeunes Bagdadis, munis de frondes et de cocktails Molotov, tentent d’atteindre le pont d’al-Ahrar : l’un des axes qui mènent à la zone verte, quartier ultra-sécurisé où siègent ambassades et principales institutions du pays. En face, les autorités régulières, appuyées par des miliciens, tirent à balles réelles et usent de grenades lacrymogènes au poids hors normes. Au total plus de 600 personnes seront tuées et 20 000 blessées.

Je me suis intéressé, dans cette série, aux postures ambivalentes qu’adoptent les jeunes de Tahrir face à toute cette violence. On y voit de la joie, de la peur, de la camaraderie, de l’excitation, ou encore de la tristesse. Chaque corps semblent se prémunir du danger à sa façon. Certains l’affrontent. D’autres s’en moquent. Tous se dressent face aux risques que présente la quête d’un avenir meilleur.

Ces corps et ces émotions, enfin, laissent entrevoir le temps qui passe. Ils racontent les premiers instants d’une révolte jusqu’au lendemain qui déchante. Ils traversent le calme de l’aurore, les chaudes après-midi et les journées qui s’éteignent.

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